Résumé : Trustwave aurait trouvé une technique peu onéreuse pour pénétrer les réseaux sans-fil 802.11 FHSS, pourtant réputés pour leur sécurité de par l’utilisation des sauts de fréquence. Cette technique se baserait sur l’utilisation conjointe d’une version modifiée de GNU Radio et d’USRP.
Frequency-Hopping Spread Spectrum ( FHSS - lien ) est une technique de transmission des signaux radio qui se base sur l’utilisation en alternance de soixante dix neuf canaux de fréquence pour gérer les communications sans-fil. L’ordre d’utilisation de ces fréquences est généré préalablement de façon pseudo-aléatoire et s’applique tout autant aux émissions de données qu’à leurs réceptions. Il s’avère ainsi ardu pour un attaquant de prédire les sauts de fréquence utilisés. L’interception et le brouillage sont d’autant plus difficiles sans cette connaissance préalable.
L’initiation d’une communication FHSS consiste en l’envoi d’une requête par l’initiateur via une fréquence prédéfinie ou un canal de contrôle, le récepteur répond par un nombre généré aléatoirement que l’initiateur utilisera au sein d’un algorithme de calcul afin de définir la séquence à utiliser pour les sauts de fréquence. La communication peut alors débuter suivant cette séquence, les communications émetteur/récepteur changent de fréquence toutes les quatre cents millisecondes. Des technologies de cette nature sont notamment utilisées pour des applications militaires comme les radios SINCGARS ( lien ).
Les entreprises gérant d’importants entrepôts l’utilisent aussi. Sa robustesse présumée et sa tolérance aux interférences en font un choix privilégié pour effectuer des inventaires via des équipements mobiles qui scannent et impriment les codes barre. Les réseaux 802.11 FHSS sont souvent perçus comme intrinsèquement sécurisés de par les équipements (analyseurs de spectres, oscilloscopes, …) onéreux et sophistiqués qui sont nécessaires à leurs écoutes distantes. Pénétrer un tel réseau est généralement vu comme techniquement et financièrement hors de portée pour la plupart des attaquants.
L’utilisation conjointe et l’ajustement d’outils facilement récupérables sur Internet et utilisables par tous comme GNURadio ( lien ) et USRP ( lien ) semblerait cependant pouvoir grandement faciliter la pénétration de ces réseaux. La société Trustwave, par l’intermédiaire de Rob Havelt ( SpiderLabs - lien ), a prévu ( lien ) d’effectuer une présentation dans ce sens lors de la prochaine conférence Black Hat Europe afin de démontrer la faisabilité d’attaques peu onéreuses à l’encontre des réseaux sans-fil 802.11 basés sur l’utilisation de FHSS, codes et démonstrations techniques seront normalement à l’appui.
Les organisations, qui voient en la dégradation du niveau de sécurité des réseaux 802.11 FHSS une menace pour leurs activités, apprécieront l’annonce de cette présentation. Généralement reliés au réseau local de l’entreprise sans aucun mécanisme de contrôle mis en place, les points d’accès 802.11 FHSS une fois compromis pourraient exposer des informations sensibles. Cette impression de sécurité intrinsèque à leur sujet doit être revue par tous les consultants qui la colportent, la mise en place de contrôles de sécurité s’avérant finalement strictement impérative dans un tel contexte.
Rob Havelt utiliserait ici une version modifiée de GNU Radio pour surveiller les canaux FHSS et capturer des trames spécifiques afin d’extraire en seulement quelques secondes le SSID ( lien ) du réseau et prédire les séquences de sauts de fréquence utilisées. Tout matériel supportant FHSS peut alors se connecter, certains réseaux utilisent cependant du chiffrement en WEP 40-bits qui peut néanmoins être facilement cassé ( lien ). A noter que les réseaux 802.11 a/b/g/n peuvent privilégier l’utilisation de DSSS ( Direct Sequence Spread Spectrum - lien ), mais vu les coûts de migration, FHSS restera encore souvent utilisé.
Source : Threatpost & The SDR Blog
